Qui veut la peau d’Europacity ?

Selon un sondage Odoxa, 81 % des riverains interrogés se déclarent favorables à l’aboutissement d’Europacity. Un soutien des populations locales qui tranche avec les critiques contre le projet du groupe Ceetrus. Mais alors, qui veut la peau d’Europacity ?

Dans un sondage rendu public ce 17 janvier, 81 % des personnes interrogées résidant autour du futur parc d’activités Europacity s’y déclarent favorables. Réalisée par Odoxa et commandée par Ceetrus, la filiale immobilière d’Auchan porteuse du projet, l’enquête révèle aussi que la construction du futur parc d’activités est soutenue par 76 % des Franciliens et 69 % des Français. « Plus on habite près du projet, plus on y est favorable finalement », note Gaël Sliman, président de l’institut de sondage Odoxa.

Un soutien des populations locales dont se félicite Benoit Chang, directeur d’EuropaCity qui estime que cette popularité est « le fruit d’un travail de concertation que nous avons mis en place depuis de nombreuses années ». En effet, rien qu’en 2016, plus d’une dizaine d’ateliers, de conférences et de débats ont été organisés pour adapter le projet aux attentes de populations.

Un soutien des riverains qui conforte les prises de position du décideur public : le 20 décembre dernier, le préfet du Val-d’Oise avait pris un arrêté déclarant « d’utilité publique » l’opération d’aménagement du Triangle de Gonesse. Une prise de position de l’État qui était décisive pour la construction d’Europacity, qui représente 80 hectares sur les 280 de la zone. Une décision qui reprenait les recommandations de Bruno Ferrry-Wilczek, le commissaire enquêteur chargé du rapport de la commission d’enquête qui avait émis un avis favorable à Europacity en juillet dernier. Un rapport volumineux de 192 pages avec quelques réserves sur l’aménagement routier ou sur la manière avec laquelle doivent être construits les toits végétalisés, mais qui montrait surtout les nombreux atouts économiques et écologiques de cet immense projet immobilier.

Des oppositions politiques et économiques

Un enthousiasme qui tranche avec l’activisme des opposants au projet et en premier lieu le collectif « Europadutout ». Ce dernier a multiplié ces derniers mois les tractages et les réunions publiques pour tenter de “retourner” l’état de l’opinion des habitants de Gonesse et des alentours.

Un collectif qui dénonce l’impact social et environnemental du projet et soutenu par certains élus de la droite du département voisin, la Seine–Saint-Denis. Ceux-ci, menés par le maire d’Aulnay-sous-Bois Bruno Beschizza, ont multiplié ces dernières années les déclarations publiques pour manifester leur hostilité à la construction d’Europacity. Alors que les prochaines élections municipales se rapprochent, ils pointent du doigt le risque de concurrence déloyale que pourrait représenter Europacity pour les petits commerçants de leurs villes dans le 93. Un argument réfuté par les partisans du projet qui objectent que les retombées du parc pourraient être colossales pour tout le tissu économique de la région (900 millions d’euros sont attendus chaque année dans la zone du Grand Roissy).

Si les opposants locaux au projet sont minoritaires, ils peuvent donc compter sur le soutien de certains élus Républicains du département voisin. Ils peuvent aussi compter sur le groupe Unibail-Rodamco et son centre commercial Aéroville, pour qui la construction d’Europacity pourrait représenter une forte concurrence. Le géant de l’immobilier commercial Unibail Rodamco a donc multiplié les actions en justice pour ralentir le projet. Il aurait aussi fourni son expertise pour appuyer à la réalisation d’une étude publiée par « Paris Terre d’Envol », un organisme intercommunal de Seine-Saint Denis, dont les résultats sont plutôt en défaveur d’Europacity.

Une opposition politique et économique qui pourrait cependant s’amenuiser à mesure que le projet se concrétise, avec pour le moment le soutien de l’État et des populations locales.

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