Ça chauffe en Bretagne ! 

Tensions en Bretagne

Malgré une réputation de fraîcheur, la région s’embrase à plusieurs niveaux : économie proche du surrégime, tensions identitaires, réchauffement climatique… La Bretagne est sur les nerfs ! Fort heureusement, la région devrait pouvoir compter sur un tissu d’entreprises plus mobilisées que jamais. 

Avec une hausse des températures moyennes supérieures à 1 degré sur trente ans, la Bretagne est directement concernée par le réchauffement climatique, d’autant plus que la région — une des plus rurales de France — y est peut-être plus sensible que d’autres, plus urbanisées.

Pour autant, la surchauffe ne touche pas seulement la météo bretonne. Le tissu économique de la région, malgré son dynamisme notoire, s’inquiète d’un surrégime – beaucoup de demandes, peu d’offres – qui commence à sérieusement menacer la relance. De leur côté, certains résidents supportent de moins en moins les pressions exercées par Paris sur la région et dénoncent avec de plus en plus de véhémence un manque de consultation. À cela s’ajoute un embryon de « Breizh Riviera », sorte de Côte d’Azur bretonne, causé par l’afflux de néo-ruraux Franciliens qui cristallise les tensions identitaires.

Baisse des stocks et problèmes de main-d’œuvre

À l’occasion du Forum économique breton (FEB) de 2021, toutes les forces vives bretonnes se sont rencontrées pour évoquer les problèmes de la Région. L’occasion pour elles d’échanger sur les défauts d’approvisionnement, notamment en matières premières et en semi-conducteurs, qui nuisent à la relance, mais surtout sur un problème récurrent et source d’inquiétudes : le manque de main-d’œuvre.

« Je mets des annonces sur Leboncoin. J’ai ma page Facebook. J’ai une banderole de dix mètres sur ma palissade et je donne une prime de parrainage à mes salariés qui m’adressent des bons candidats à l’emploi… », confiait une dirigeante de PME découragée, fin septembre. Avec 50 % d’entreprises souffrant de difficultés pour recruter selon le Medef, la situation en Bretagne pourrait fortement nuire à la relance si une solution n’est pas rapidement trouvée.

Face à ces problématiques, la région pourra compter sur la mobilisation de plusieurs acteurs importants, comme Engie ou la SNCF, ainsi que d’un poids lourd du secteur bancaire, le Crédit Mutuel-Arkéa, qui, par l’intermédiaire de sa Directrice Générale, Hélène Bernicot, rappelait récemment son attachement à la Bretagne, “ là où le groupe est né ”. Bien décidée à se recentrer sur sa région natale sous la houlette de Julien Carmona – qui semble s’éloigner de la stratégie tout digital de l’ancienne direction – la banque devrait compter parmi les moteurs de la relance économique de la région.

Le tissu économique uni derrière des Bretons à fleur de peau

Le mot d’ordre du FEB 2021 : trouver un équilibre entre relance et développement durable… sans oublier de prendre en compte l’avis des habitants de la région qui, sous certains aspects, semblent excédés.

Avec par exemple, des implantations d’éoliennes qui attisent la colère comme à Saint-Brieuc, où les élus dénoncent l’absence de concertation et d’études d’impact sérieuses, les Bretons se sentent parfois dépossédés de leur territoire par les décisions unilatérales en provenance de la capitale.

À ce titre, le président de la Région, Loïg Chesnais-Girard avertissait début septembre : « les risques de fractures sociales, les risques démocratiques sont réels ». D’autant plus que, cerise sur le gâteau, la Bretagne « subit » en parallèle l’arrivée de néo-ruraux en provenance d’Île-de-France attirés par la qualité de vie en région.

Insultes, voitures rayées, mairie taguée, l’afflux de nouveaux résidents franciliens en a échaudé certains. En cause, un anti-parisianisme primaire sans doute, mais également une flambée des prix de l’immobilier qui exclut les « vrais » Bretons, provoquant alors la colère des indépendantistes, heureux de surfer sur la vague anti-jacobine.

De là à parler de grand remplacement en Bretagne, il n’y a qu’un pas, mais les autonomistes voudraient continuer à prendre de l’importance durant la prochaine élection présidentielle dont l’un des thèmes devrait être l’identité, ce qui ne devrait pas apaiser l’ambiance dans la région.

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