La néobanque allemande Trade Republic fait sensation sur le marché français avec le lancement, le 9 janvier, d’un compte courant rémunéré à 3% brut, soit 2,10% net après l’application de la flat tax. Ce produit inclut une carte bancaire, un IBAN français et offre une série d’avantages pour les clients.
Concrètement, ce compte permet de déposer son salaire, d’effectuer des virements instantanés gratuits, de payer ses factures et de bénéficier d’un taux d’intérêt journalier, une caractéristique qui le distingue des produits d’épargne traditionnels comme le Livret A, dont la rémunération se fait tous les quinze jours. En plus, Trade Republic offre 1% de « Saveback » sur les paiements par carte, des retraits gratuits au-delà de 100€, et aucune surcharge pour les paiements à l’international.
Un nouveau venu parmi les néobanques
Le modèle de Trade Republic n’est pas unique en France, mais il est porté par les néobanques internationales, qui commencent à se faire une place dans l’Hexagone. Avant Trade Republic, des acteurs comme Revolut, N26, bunq et Sumeria avaient déjà lancé des comptes rémunérés, mais les banques traditionnelles françaises, y compris leurs versions en ligne, restent éloignées de ce marché. Ces dernières continuent de privilégier des services bancaires plus classiques sans offrir de rémunération sur les comptes courants.
Les raisons de l’absence de comptes rémunérés en France
Bien que les banques françaises aient la possibilité de rémunérer les comptes courants depuis une décision de la justice européenne en 2005, elles ne le font pas, malgré des dépôts moyens de 15 000 € par client. Cela est en grande partie dû à l’histoire du secteur bancaire français : dans les années 1960, les banques ont été incitées à ne pas facturer certains services en échange de la rémunération des comptes. Cette tradition a perduré et les banques françaises privilégient d’autres formes de rémunération, comme les intérêts versés sur l’épargne réglementée, plutôt que sur les comptes courants.
Une autre raison réside dans le fait que les banques placent l’argent des comptes courants à la Banque centrale européenne (BCE), qui rémunère ces dépôts selon ses taux directeurs (actuellement à 2,4%). Ainsi, les banques françaises profitent indirectement des dépôts sans avoir à rémunérer directement leurs clients.
L’IBAN français : un argument clé pour la simplicité et la fiscalité
Une des innovations notables de Trade Republic est l’IBAN français. Ce détail, souvent négligé, est crucial pour de nombreuses transactions, notamment les virements SEPA ou les prélèvements. De plus, il joue un rôle important dans la fiscalité, car depuis 2022, la loi oblige les résidents français à déclarer tous leurs comptes bancaires ouverts à l’étranger. Un IBAN français garantit donc une gestion plus simple et transparente pour les clients, évitant les complications administratives et les risques de sanctions fiscales.
En résumé, avec son compte rémunéré à 3% brut et son IBAN français, Trade Republic s’attaque à un marché des comptes courants rémunérés où les banques traditionnelles restent largement absentes. Pour les consommateurs, cette offre représente une nouvelle opportunité de rentabiliser leur argent tout en bénéficiant d’une gestion simplifiée et d’un service bancaire moderne.