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Banques européennes : l’essor du numérique accélère les restructurations et pèse sur l’emploi

La numérisation des services bancaires bouleverse l’organisation du secteur en Europe. Alors que les services en ligne se généralisent et que l’intelligence artificielle gagne du terrain, les établissements réduisent leurs réseaux d’agences et rationnalisent leurs effectifs. Un mouvement qui se traduit par des restructurations massives et une inquiétude croissante chez les salariés.

En France, ce tournant est particulièrement visible. Jeudi 22 janvier, Société Générale a annoncé la suppression de 1.800 postes d’ici fin 2027, arguant de la nécessité d’« automatiser davantage » et d’intensifier l’usage de l’IA. Ce plan, présenté comme sans départs contraints, n’intervient qu’un an après une vaste réorganisation ayant conduit à la fermeture de centaines d’agences et au départ de 3.700 salariés. Cette fois, c’est l’organisation régionale de la banque de détail qui est visée.

Fermetures d’agences et plans sociaux en cascade

La tendance touche l’ensemble du marché français. BNP Paribas accélère aussi la réduction de ses implantations, prévoyant la fermeture d’environ 200 agences entre 2025 et 2027, tout en misant sur la relation bancaire à distance — par téléphone ou visioconférence. Le groupe a également annoncé la suppression de 1.200 postes dans la gestion d’actifs à partir de mi-2026.

En parallèle, la pression sociale gagne les banques mutualistes. Les salariés du Crédit Agricole ont observé une journée de grève pour dénoncer les conséquences potentiellement destructrices d’emplois des projets de mutualisation entre caisses régionales. Selon la Fédération bancaire française, la baisse des effectifs dans le secteur est continue depuis plusieurs années.

Une vague européenne de restructurations

La France n’est pas un cas isolé. Dans toute l’Europe, les banques rationalisent, automatisent et réduisent leurs coûts dans un contexte où les agences, longtemps pivot du modèle de distribution, voient leur fréquentation s’éroder.

En Allemagne, Deutsche Bank a supprimé près de 2.000 postes en 2025 dans sa banque de détail. Commerzbank prévoit pour sa part 3.900 suppressions d’ici 2028, invoquant le besoin de s’adapter à la « numérisation et à l’extension des services internationaux ». Le pays comptait environ 550.000 salariés dans le secteur bancaire en 2024, contre 775.000 au début des années 2000.

En Italie, la transformation numérique s’est également traduite par la fermeture d’agences et des réductions d’effectifs. En moins de cinq ans, le nombre d’agences a chuté de 20 % et 20.000 postes ont disparu. Intesa Sanpaolo prévoit 9.000 départs volontaires d’ici 2027, tandis qu’UniCredit avait déjà supprimé 6.000 emplois entre 2020 et 2023.

L’Espagne, pionnière de la mutation digitale

Touchée de plein fouet par la crise financière de 2008, l’Espagne a amorcé sa transformation avant ses voisins. Entre 2010 et 2020, près de 100.000 emplois et 20.000 agences ont été supprimés, selon la Banque d’Espagne. Cette restructuration profonde a accéléré l’adoption du numérique : plus de 70 % des Espagnols utilisent désormais régulièrement des services bancaires en ligne, un taux parmi les plus élevés d’Europe.

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