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Croissance : la Banque de France prévoit une hausse limitée à 0,1 % au troisième trimestre

L’économie française devrait enregistrer une très légère progression au troisième trimestre 2026. Dans son enquête mensuelle de conjoncture publiée lundi 12 octobre, la Banque de France confirme sa prévision de croissance de 0,1 %, après une stagnation au trimestre précédent. Si certains secteurs résistent, les entreprises restent confrontées à une hausse de leurs coûts et à un climat d’incertitude.

L’économie française peine toujours à retrouver de l’élan. Selon les dernières estimations de la Banque de France, le produit intérieur brut (PIB) devrait progresser de seulement 0,1 % entre juillet et septembre 2026. L’institution maintient ainsi sa prévision formulée en septembre, après l’avoir revue à la baisse par rapport aux 0,2 % initialement anticipés en août.

Cette évolution intervient après un premier semestre difficile, marqué par un recul de l’activité de 0,2 % au premier trimestre, suivi d’une croissance nulle au deuxième. Pour l’ensemble de l’année 2026, la Banque de France table désormais sur une progression du PIB de 0,4 %.

Ces estimations reposent notamment sur une enquête réalisée auprès d’environ 8 500 entreprises et établissements, interrogés entre le 27 septembre et le 5 octobre. Les résultats témoignent d’une activité économique toujours contrastée selon les secteurs.

Les services soutiennent l’activité, l’industrie reste contrastée

En septembre, l’activité a progressé dans l’industrie et accéléré dans les services marchands. Ces derniers ont notamment bénéficié d’une bonne fréquentation dans l’hébergement, ainsi que du dynamisme de l’édition de logiciels, de l’ingénierie et de certaines activités de conseil.

La situation apparaît plus contrastée dans l’industrie. L’aéronautique continue de bénéficier d’une demande soutenue, tandis que les équipements électriques disposent de carnets de commandes bien remplis, notamment grâce aux besoins liés aux centres de données. D’autres branches, comme le bois, le papier ou les matériaux utilisés dans la construction, restent en difficulté.

Dans le bâtiment, l’activité progresse faiblement. Le gros œuvre a notamment profité de la reprise de chantiers retardés par les épisodes de canicule de l’été. Mais la demande demeure insuffisante, particulièrement dans la construction de maisons individuelles.

Pour le troisième trimestre dans son ensemble, la Banque de France estime que les services marchands et l’énergie devraient soutenir la croissance, tandis que l’industrie manufacturière et la construction enregistreraient un recul de leur valeur ajoutée.

La hausse des coûts et les incertitudes pèsent sur les entreprises

Les perspectives restent également fragilisées par le renchérissement de plusieurs matières premières. Les entreprises interrogées signalent notamment une augmentation des prix de l’énergie, des carburants et de certains métaux.

Dans un contexte de concurrence importante, ces hausses ne sont que partiellement répercutées sur les prix de vente. Elles contribuent donc à réduire les marges des entreprises et à fragiliser leur trésorerie, particulièrement dans les services.

La Banque de France observe par ailleurs une remontée de l’incertitude en septembre. Face aux inquiétudes concernant le contexte économique et le pouvoir d’achat, certaines entreprises repoussent leurs investissements ou leurs commandes, tandis que les ménages se montrent plus prudents dans leurs dépenses.

Pour octobre, les dirigeants interrogés anticipent une accélération de la production industrielle, mais un ralentissement de la progression des services. L’activité dans le bâtiment devrait, quant à elle, rester pratiquement stable.

Les premières données officielles du PIB du troisième trimestre, qui seront publiées par l’Insee le 30 octobre, permettront de déterminer si l’économie française est effectivement parvenue à renouer avec une légère croissance après plusieurs mois de stagnation.

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