L’aide médicale d’État (AME) joue un rôle fondamental dans la protection de la santé publique, en particulier pour les populations vulnérables. Face aux débats sur son avenir, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) réaffirme l’importance de ce dispositif pour la collectivité et plaide en faveur de son maintien.
Le HCSP souligne, dans une note officielle, les bienfaits de l’AME pour la santé publique de l’ensemble des citoyens. Ce mécanisme permet aux étrangers en situation irrégulière d’accéder aux soins médicaux nécessaires. Selon le HCSP, il est un levier essentiel pour lutter contre les inégalités sociales et territoriales en matière de santé, tout en contribuant à la préservation de la santé collective. Cet avis, déjà exprimé lors de l’audition du HCSP devant une mission parlementaire en 2023, s’inscrit dans son rôle consultatif auprès des autorités sanitaires.
L’AME, un bouclier contre les risques sanitaires
Dans sa publication, le HCSP défend vigoureusement la nécessité de maintenir l’AME, en particulier pour prévenir la propagation de maladies transmissibles. Selon le Conseil, les bénéficiaires de l’AME sont souvent exposés à un risque accru de contracter des maladies infectieuses, telles que la tuberculose, le VIH, les hépatites virales, les infections sexuellement transmissibles et la Covid-19. Si ces affections ne sont pas rapidement traitées, elles peuvent se répandre et menacer la santé publique. Le maintien de l’AME est ainsi perçu comme une mesure à la fois humanitaire et de sécurité sanitaire.
Prendre en compte la santé psychologique des bénéficiaires
Le HCSP met également l’accent sur l’importance de prendre en charge les troubles psychiques des bénéficiaires de l’AME. Souvent confrontés à des conditions de vie précaires, ces individus sont fréquemment exposés à des psychotraumatismes dus à leurs expériences de vie difficiles. Grâce à l’AME, ces troubles peuvent être traités de manière rapide et efficace, évitant ainsi des décompensations graves qui pourraient nuire à la santé publique et alourdir la pression sur les systèmes de soins.
L’impact de la suppression de l’AME sur les hôpitaux
La note met en garde contre les conséquences négatives d’une remise en question de l’AME. Ce dispositif permet aux bénéficiaires de consulter des médecins en ville pour des soins courants, tels que les consultations de médecine générale, les soins spécialisés, ainsi que les soins infirmiers et d’imagerie. En l’absence de l’AME, les hôpitaux, déjà sous pression, seraient contraints de prendre en charge des cas supplémentaires, notamment dans les services d’urgence, ce qui pourrait entraîner une surcharge et une diminution de la qualité des soins. De plus, les structures existantes qui prennent en charge les populations vulnérables, comme les permanences d’accès aux soins de santé (PASS) et les équipes mobiles de psychiatrie, sont jugées trop fragiles pour compenser la suppression de l’AME.
Un risque pour la déontologie médicale
Enfin, le HCSP rappelle que l’obligation pour les soignants de refuser des soins violerait le serment d’Hippocrate. Ce serment, fondement de la déontologie médicale, stipule que le médecin doit apporter des soins à toute personne dans le besoin. Une telle contrainte mettrait également en péril la qualité des soins et aggraverait la souffrance des professionnels de santé déjà éprouvée.
En conclusion, bien que la note du HCSP reste apolitique, elle appelle à une réflexion continue sur l’AME. Ce dispositif fait l’objet d’une étude complémentaire sur les populations vulnérables, dont les résultats seront publiés en 2025.