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Le Plan d’épargne avenir climat : un nouveau placement pour les jeunes qui se cherche encore

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Moins d’un an après son lancement, ce produit défiscalisé destiné à financer la transition écologique peine à décoller. Mais ses atouts pourraient séduire à l’heure où le Livret A voit son rendement baisser.

Il a été introduit en fanfare par le gouvernement en juillet 2024, dans le cadre de la loi sur l’industrie verte, avec l’ambition de mobiliser l’épargne des jeunes au service de la transition écologique. Pourtant, le Plan d’épargne avenir climat (PEAC) n’a vu le jour concrètement qu’en avril 2025, avec les premières offres lancées par les Banques Populaires et les Caisses d’Épargne, appartenant au groupe BPCE. Un démarrage tardif pour ce nouveau support d’épargne, censé collecter plus d’un milliard d’euros par an.

Mais ce retard s’explique en partie par la cible restreinte de ce produit et les contraintes techniques pour les banques. Le PEAC reste néanmoins un outil d’épargne original, aux caractéristiques bien différentes des livrets traditionnels.

Un placement réservé aux moins de 21 ans

Le PEAC s’adresse exclusivement aux jeunes de moins de 21 ans. Pour les enfants mineurs, ce sont les parents qui peuvent l’ouvrir. Une fois ouvert, un seul plan est autorisé par personne résidant en France, sous réserve de l’accord des deux représentants légaux si l’enfant est mineur.

Selon Philippe Crevel, économiste et directeur du Cercle de l’épargne, cette restriction d’âge limite fortement le marché potentiel. « Pour les banques, l’intérêt économique de ce produit est faible, d’autant qu’il suppose des investissements en développement informatique », explique-t-il. Néanmoins, l’adhésion d’un groupe bancaire majeur comme BPCE pourrait inciter d’autres établissements à lui emboîter le pas.

Un plafond identique au Livret A, mais une épargne bloquée

Sur certains points, le PEAC présente des similitudes avec les livrets d’épargne réglementée. Son plafond est fixé à 22 950 euros, comme le Livret A. Il est aussi exonéré d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Mais la comparaison s’arrête là.

Contrairement au Livret A, l’épargne déposée sur un PEAC est bloquée pendant au minimum cinq ans, et ne peut être retirée qu’à partir de la majorité du titulaire. Par exemple, un enfant de 12 ans ne pourra accéder à son épargne qu’à 18 ans, tandis qu’un jeune de 20 ans devra attendre ses 25 ans pour en disposer. Après cette période de blocage, des retraits partiels sont possibles jusqu’à la clôture automatique du plan à 30 ans. Mais attention : tout retrait empêche ensuite de nouveaux versements.

Des dérogations existent néanmoins en cas de décès du titulaire ou de ses parents, ou en cas d’invalidité.

Un placement exposé aux marchés financiers

Le PEAC n’est pas un livret à capital garanti. Il fonctionne comme un plan d’épargne et repose sur des investissements en unités de compte : actions, obligations ou fonds labellisés pour leur caractère écologique ou socialement responsable (Greenfin, ISR). C’est là l’un de ses objectifs majeurs : orienter l’épargne vers des secteurs compatibles avec les exigences de la transition écologique.

Mais qui dit unités de compte dit aussi risques. À la différence d’un Livret A, dont la rémunération est garantie par l’État, le rendement du PEAC dépend de la performance des marchés financiers. « Cela peut faire peur, mais il ne faut pas oublier que les secteurs verts sont aujourd’hui bien plus solides et attractifs qu’il y a quelques années », souligne Philippe Crevel. « Beaucoup de fonds ISR affichent désormais de très bonnes performances. »

Il devient donc possible, en théorie, d’espérer un rendement supérieur à celui du Livret A, dont le taux, tombé à 2,40 % en février, pourrait encore baisser à 1,70 % en août. Mais cette rentabilité plus élevée se paie par une absence de garantie du capital.

Deux modes de gestion pour s’adapter à chaque profil

Comme les contrats d’assurance-vie, le PEAC propose deux modes de gestion : pilotée ou libre. La première permet de confier à l’établissement financier le soin de répartir l’épargne entre un fonds sécurisé (fonds en euros) et des supports plus dynamiques (unités de compte). C’est l’option recommandée pour les épargnants souhaitant une certaine sécurité tout en bénéficiant d’un potentiel de performance.

La gestion libre, en revanche, laisse l’épargnant choisir lui-même les supports dans lesquels il investit. Cela demande une meilleure connaissance des marchés et une attention plus régulière à l’évolution des placements. « C’est une solution adaptée aux jeunes (ou à leurs parents) qui veulent optimiser leur rendement et sont prêts à accepter un peu plus de volatilité », estime Philippe Crevel.

Un outil complémentaire, pas un substitut aux livrets

Le PEAC ne remplacera pas les livrets d’épargne classiques. Il s’adresse avant tout à une épargne de long terme, dédiée à des projets futurs ou à la constitution d’un premier capital. De par ses contraintes — plafond, blocage, absence de garantie —, il ne saurait servir de réserve de précaution immédiate.

C’est pourquoi les experts conseillent de commencer par remplir un Livret Jeune ou un Livret A avant de se tourner vers le PEAC. Ce dernier viendra en complément, pour diversifier l’épargne en lui donnant une dimension durable et responsable.

Avec la baisse programmée du rendement des livrets réglementés, et l’intérêt croissant pour les enjeux climatiques, le PEAC pourrait progressivement s’imposer comme un placement d’avenir… à condition que les banques jouent le jeu, et que les familles prennent le temps d’en comprendre le fonctionnement.

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