Les Français ont réduit leur consommation de fruits et légumes l’année dernière, une tendance confirmée par les professionnels du secteur lors du Salon de l’agriculture. Les raisons principales ? Des prix jugés trop élevés malgré une stagnation récente, et la concurrence croissante des plats préparés, qui séduisent des consommateurs toujours plus pressés.
« 4,50 euros le kilo de tomates, c’est énorme », déplore Christine, une consommatrice interrogée par RMC dans un supermarché en février. Son caddie, rempli pour la semaine, aurait pu contenir davantage de fruits et légumes, mais elle avoue en acheter moins « parce que c’est trop cher ». Comme elle, de nombreux Français ont revu à la baisse leurs achats de produits frais. Selon les chiffres de la filière, les achats de fruits et légumes ont chuté de 2 % en 2023.
Le baromètre de confiance de l’Interfel (Interprofession des fruits et légumes frais) révèle une baisse encore plus marquée sur quatre ans : le panier annuel moyen des ménages français est passé de 182 kg à 158 kg, soit une diminution de 15,2 %. Si les prix n’ont quasiment pas augmenté en 2024, ils restent perçus comme trop élevés par de nombreux consommateurs. Maryline, rencontrée dans un supermarché, partage ce sentiment : « Le filet de pommes de terre, le filet d’oranges… Ça devient inabordable. »
La concurrence des plats préparés, un facteur clé
Mais le prix n’est pas le seul responsable de cette désaffection. Delphine Taillez, directrice adjointe du centre interprofessionnel des fruits et légumes, souligne une « érosion lente » de la consommation, liée aux « évolutions des modes de consommation et à un environnement alimentaire particulièrement riche, qui fait concurrence aux produits frais ». Daniel Sauvaitre, président de l’Interfel, abonde dans ce sens : « C’est vraiment cette vie trépidante que l’on mène qui fait que l’on choisit d’aller plutôt vers des plats préparés. »
Cette tendance se traduit par une diminution du temps passé en cuisine. « On ne cuisine plus que le dimanche, et encore, quand on cuisine », regrette Daniel Sauvaitre. Face à ces défis, la filière des fruits et légumes doit redoubler d’efforts pour reconquérir les consommateurs, en misant sur des prix plus accessibles et en valorisant les avantages des produits frais face à la praticité des plats préparés.


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