C’est un petit meuble en bois qui pourrait bien faire une grande différence à Fougères. À l’image des boîtes à livres désormais bien ancrées dans le paysage urbain, le légumier partagé inauguré rue de Bayeux offre aux habitants la possibilité de déposer — ou de récupérer — fruits et légumes encore consommables, mais qui auraient autrement fini à la poubelle.
Situé à quelques pas de la maison de quartier Les Cotterêts, ce nouvel équipement est le fruit d’une collaboration réussie entre les bénévoles, la Ville, les associations locales et des habitants investis. Ensemble, ils ont conçu ce projet comme un maillon concret d’une ville plus solidaire, plus durable, et surtout plus attentive aux enjeux du quotidien.
Un principe simple, un impact immédiat
Le fonctionnement du légumier est volontairement accessible à tous. Chacun peut y déposer un légume ou un fruit encore bon à consommer — une courgette en trop, un sachet de pommes de terre entamé, une barquette de tomates mûres — à disposition de ceux qui en auront l’usage. Le principe repose sur le don libre, sans contrepartie, dans une logique d’entraide spontanée et de réduction du gaspillage.
L’objectif est double : offrir un coup de pouce ponctuel aux habitants en difficulté et sensibiliser à la valorisation des invendus ou surplus alimentaires, en dehors des circuits habituels. Un petit geste, mais une dynamique de fond, dans un contexte où près de 10 millions de tonnes de nourriture sont gaspillées chaque année en France selon l’Ademe.
Une réalisation collective portée par Droit de cité à Fougères
La construction du meuble a été assurée par l’association Droit de cité, déjà impliquée dans plusieurs projets d’insertion, de culture citoyenne et d’initiatives de quartier. Elle a mobilisé ses équipes et partenaires pour donner vie à un légumier fonctionnel, esthétique et surtout adapté aux contraintes de conservation et d’hygiène.
L’initiative s’inscrit dans une démarche plus large de renforcement du lien social dans le quartier. Elle complète d’autres actions engagées ces derniers mois : jardins partagés, ateliers cuisine, sensibilisation à l’alimentation durable. Autant d’initiatives qui, mises bout à bout, construisent un écosystème local au service d’une alimentation plus équitable et d’une meilleure qualité de vie pour tous.
Un test qui pourrait essaimer
Du côté de la Ville, on se félicite de cette première réalisation. L’élue en charge de la transition écologique, présente lors de l’inauguration, a salué « un projet humble mais très puissant, parce qu’il est porté par les habitants eux-mêmes ». Un point de départ, espère-t-on, pour déployer d’autres légumiers dans d’autres quartiers, selon les besoins et l’implication des riverains.
Des réflexions sont d’ores et déjà en cours pour intégrer le légumier à une boucle vertueuse, avec des partenariats possibles auprès de maraîchers, d’épiceries solidaires ou encore d’événements festifs comme des soupes participatives.
Des gestes du quotidien pour des enjeux de société à Fougères
Si l’ampleur du gaspillage alimentaire reste colossale, les solutions passent aussi par des actions simples, locales, reproductibles. Le légumier partagé est de celles-là. Accessible 24h/24, sans condition de ressources, il invite à donner plutôt que jeter, à prendre sans honte ni stigmatisation.
À travers ce dispositif, la ville fait le pari d’un engagement citoyen renouvelé, et d’une solidarité du quotidien. Et si, demain, partager ses légumes devenait aussi naturel que prêter un livre ?


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