La consommation mondiale d’électricité en hausse constante jusqu’en 2027, selon l’AIE

Dans son dernier rapport annuel sur l’électricité, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit une augmentation significative de la demande mondiale en électricité au cours des prochaines années. Selon les projections, la consommation électrique devrait croître de 4 % par an jusqu’en 2027, soit l’équivalent de la consommation annuelle du Japon ajoutée chaque année. Cette tendance marque l’avènement d’une « nouvelle ère de l’électricité », selon l’AIE.

Les pays émergents en tête de la demande

Cette hausse est principalement portée par les pays émergents, avec la Chine en première ligne. Ces nations représentent à elles seules 85 % de l’augmentation de la demande mondiale. Le développement économique rapide de ces régions, couplé à une industrialisation accélérée, explique en grande partie cette tendance. Par ailleurs, l’essor des technologies liées à la transition énergétique, comme la production de batteries pour véhicules électriques ou de panneaux solaires, contribue également à cette croissance. En Chine, par exemple, un tiers de la production électrique est déjà consacré à ces secteurs.

L’impact de la climatisation et du changement climatique

Un autre facteur clé de cette augmentation est la demande croissante en climatisation, notamment dans les pays développés comme les États-Unis et le Japon, où 90 % des ménages sont équipés. Avec la hausse des températures mondiales et la multiplication des vagues de chaleur, cette tendance devrait s’accentuer. « Plus de climatiseurs signifie plus de demande d’électricité », explique Keisuke Sadamori, directeur des marchés énergétiques à l’AIE.

Transition énergétique : un double défi

Si la transition énergétique est un moteur de cette hausse, elle représente aussi un défi majeur. Bien que les énergies renouvelables gagnent du terrain, les deux tiers de l’électricité mondiale sont encore produits à partir de combustibles fossiles, ce qui entraîne des émissions importantes de CO2. Cependant, le rapport note une stabilisation des émissions liées à l’électricité, grâce au développement des énergies vertes et à la stagnation de la production issue des énergies fossiles. « Les émissions atteignent un plateau et ralentissent », souligne Eren Cam, auteur principal du rapport.

Des infrastructures sous pression

Enfin, le rapport met en garde contre la vulnérabilité des réseaux électriques face aux événements climatiques extrêmes, qui se multiplient avec le dérèglement climatique. Une dépendance accrue à l’électricité, couplée à des infrastructures parfois fragiles, pourrait poser des défis majeurs en termes de résilience et de sécurité énergétique dans les années à venir.

 

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