Alors que les taux immobiliers étaient orientés à la baisse depuis plusieurs mois, un léger rebond pourrait survenir en avril. Certaines banques envisagent de revoir leurs grilles à la hausse, sans que cela ne signe un retournement complet de tendance.
Les emprunteurs ont retrouvé un peu d’oxygène depuis quelques mois. Après avoir culminé à 4,5 % fin 2023, les taux des crédits immobiliers sont descendus à environ 3,20 % en mars 2025, selon les données de Meilleurtaux. Cette dynamique pourrait toutefois marquer une pause en avril, selon plusieurs professionnels du secteur.
Le courtier Pretto annonce déjà un changement de ton. « La nouvelle grille des taux pour avril est légèrement moins favorable, avec des hausses chez plusieurs établissements », indique-t-il dans une communication relayée par Moneyvox. Si ces ajustements restent limités, ils signalent une forme de prudence de la part des banques face à un contexte économique encore incertain.
Le retour en force de l’OAT
Un des facteurs clés de cette évolution réside dans la remontée récente des taux d’emprunt d’État à 10 ans, les fameuses OAT (Obligations Assimilables du Trésor), qui servent de référence aux banques pour fixer leurs propres taux. En mars, ces obligations sont restées stables autour de 3,5 %, un niveau qui rend difficile toute poursuite franche de la baisse des taux immobiliers.
« Si cette tendance haussière de l’OAT se confirme, certaines banques pourraient être tentées de relever leurs taux, comme cela s’est produit à la fin du mois de janvier », explique Sandrine Allonier, porte-parole du courtier Vousfinancer. Une position partagée par Maël Bernier, directrice de la communication chez Meilleurtaux : « Il existe une corrélation étroite entre les OAT et les taux proposés aux particuliers. Les banques suivent de près cette courbe. »
Des ajustements ciblés, pas de vague générale
Pour le mois d’avril, les experts anticipent une augmentation modérée des taux dans certains établissements, de l’ordre de 10 à 20 points de base. Ces hausses pourraient toucher en priorité les profils considérés comme plus risqués : revenus modestes, faible apport ou situation professionnelle instable. D’autres banques, en revanche, pourraient choisir de maintenir leurs taux au niveau de mars, voire d’annoncer de nouvelles baisses pour rester compétitives.
Maël Bernier tempère ainsi les inquiétudes : « Il ne faut pas parler de retournement de tendance. On restera encore très loin d’une remontée généralisée. »
Une concurrence toujours vive entre établissements
Malgré ces ajustements à la hausse, les banques poursuivent une politique commerciale offensive pour séduire les emprunteurs. Le marché immobilier redémarre doucement, et les établissements cherchent à capter une clientèle encore frileuse.
Certaines offres récentes illustrent cette stratégie : la Société Générale proposait un taux à 2,99 % en février. Le Crédit Agricole a affiché un taux promotionnel à 1,99 % pour un prêt limité à 25 000 €, tandis que le Crédit Mutuel avance une offre à 0,99 % sur 30 000 €. LCL n’est pas en reste avec un prêt à taux zéro jusqu’à 50 000 € pour l’achat d’un bien neuf répondant aux critères d’éligibilité.
Des opportunités à saisir
Si quelques hausses ponctuelles de taux sont envisageables, les conditions restent dans l’ensemble favorables aux emprunteurs. Le contexte reste propice à l’achat immobilier, en particulier pour les ménages disposant de bons dossiers.
En somme, avril pourrait marquer une pause dans la baisse continue des taux, sans pour autant remettre en question l’accessibilité du crédit. Les candidats à l’achat immobilier ont donc encore toutes les raisons de concrétiser leur projet, à condition de bien comparer les offres et de se faire accompagner dans leurs démarches.