Le prix du pétrole atteint son plus bas niveau depuis 4 ans. Malgré l’apparente cohésion politique des membres de l’OPEP, les pays exportateurs de pétrole se livrent une lutte acharnée pour dominer le marché. Retour sur les 3 étapes de cette conjoncture qui plombe le bilan de Total Energies.
Tensions au sein de l’OPEP
L’Arabie Saoudite a tout d’abord manifesté son mécontentement à l’égard de l’Irak et du Kazakhstan qui dépassent leurs quotas de production en ignorant les décisions communes. Riyad a donc pris la décision unilatérale de booster sa propre production pour forcer la chute des prix du pétrole. En dépit de leurs réticences, ses alliés au sein de l’OPEP ont fini par suivre. Cette décision a été saluée par le président Trump, faisant fis du scepticisme des compagnies pétrolières mondiales. “L’OPEP vient de lancer une bombe sur le marché pétrolier” déplore Jorge Leon du cabinet norvégien Rystad Energy.
Le message est clair : l’OPEP change de stratégie après avoir essentiellement joué sur la raréfaction de l’offre. L’organisation ouvre désormais les vannes pour inonder le marché de 411 000 barils et reconquérir ses parts. Pour la deuxième fois en à peine un mois, l’OPEP provoque la chute du baril de Brent qui caracole autour de 60 dollars.
Incidence sur le budget des ménages
Les répercussions sur le coût du carburant brut se sont rapidement fait sentir. En 2024, le budget annuel consacré au carburant par les ménages français oscillait entre 1 300 et 1 500 euros, selon les premières estimations. L’Union française des industries pétrolières (Ufip) souligne une baisse notable du prix moyen du SP95-E10, désormais stabilisé à 1,66 euro le litre sur l’ensemble du territoire. Parallèlement, le gazole a enregistré un repli, atteignant un prix moyen de 1,55 euro par litre.
À la fin de l’année 2023, le coût d’un plein de 60 litres représentait environ 2,8 % du budget mensuel d’un salarié français. Olivier Gantois, président de l’Ufip, rappelle que cette évolution a eu un effet tangible sur le pouvoir d’achat : « L’impact est très direct. Par rapport à la période récente où le sans-plomb s’établissait à 1,86 euro le litre, le gain s’élève à plus de 10 euros par plein », souligne-t-il.
Si la tendance actuelle semble favorable aux consommateurs, l’évolution des marchés et les futures politiques énergétiques laissent planer une incertitude sur la pérennité de ces gains.
Perspectives opaques pour le prix du carburant en 2026
L’évolution des prix du carburant pour 2026-2027 reste marquée par une forte incertitude. Entre la volatilité des marchés énergétiques, les tensions géopolitiques et les décisions politiques à venir, il est difficile d’anticiper précisément l’impact pour les consommateurs comme pour les entreprises. La restructuration des prix et les réformes planifiées par le gouvernement pourraient entraîner de nouvelles contractions dans tous les secteurs.
Les alternatives à l’essence et au diesel, longtemps promues comme solutions d’avenir, deviennent parallèlement moins accessibles. La récente restriction des aides publiques, notamment la réduction de la prime à l’achat des voitures électriques, freine l’adoption de ces technologies. L’arbitrage entre l’instabilité du marché pétrolier et l’investissement dans des véhicules « propres » devient donc plus difficile, accentuant les incertitudes pour 2026 et au-delà.


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