À 65 ans, Elizabeth Faure a bâti seule une maison en forme de triangle (maison en A), pour un coût dérisoire de 40 000 euros. Nichée en Dordogne, cette habitation singulière incarne une philosophie de vie : autonomie, simplicité et respect de la nature. Son histoire inspire aujourd’hui bien au-delà de son village.
La maison en A défie les normes
Perdue dans les collines verdoyantes de Lusignac, en Dordogne, une étrange silhouette émerge du paysage : un grand triangle de bois, posé au bout d’un lotissement tranquille. C’est la maison d’Elizabeth Faure. Avec ses 180 m² sur deux étages, sa façade inclinée et sa structure en A, elle détonne. Pas de lignes droites classiques, pas de toit en tuiles : ici, tout évoque la cabane, la liberté, le choix d’une vie en dehors des cadres.
Cette maison, Elizabeth l’a pensée, dessinée et construite elle-même, à 65 ans. Un projet audacieux, né d’un besoin vital de se loger… autrement.
Un projet personnel, politique et poétique
« C’est une maison pour les fauchés », sourit Elizabeth. Mais ce n’est pas une maison triste. Posée sur pilotis pour réduire l’impact au sol, ouverte sur la nature, la bâtisse allie esthétisme et sobriété. D’un côté, une terrasse donne sur un sous-bois. De l’autre, un jardin foisonnant accueille yuccas, bananiers et un potager en permaculture.
Plus qu’une simple construction, cette maison est le reflet d’une philosophie : refuser les normes rigides du logement, dénoncer la spéculation immobilière, retrouver une forme d’autonomie. Et prouver que les femmes, à tout âge, peuvent bâtir leur propre avenir, au sens littéral du terme.
Une solution économique… et transmissible
Le budget total ? 40 000 euros. Un chiffre presque dérisoire dans un marché immobilier saturé. Elizabeth a économisé sur tout : matériaux locaux, récupération, auto-construction. Elle a appris sur le tas, testé, bricolé. Son message est clair : il est possible de se loger dignement, sans s’endetter à vie.
Depuis, elle partage son expérience à travers des vidéos, des tutoriels, et des échanges avec celles et ceux qui veulent se lancer. Son initiative rencontre un large écho, notamment auprès des femmes seules, des retraités modestes ou des jeunes en quête d’alternatives durables.
Une maison en A qui fait école
La maison en A est devenue un symbole. Ni marginale, ni utopiste, elle propose une voie concrète vers un habitat écologique, accessible, reproductible. Et au-delà de l’aspect technique, elle raconte une autre manière d’habiter le monde : sobre, connectée à la nature, indépendante des grands circuits de production.
Elizabeth Faure est aujourd’hui sollicitée par des dizaines de personnes. Elle répond, encourage, guide. À travers son exemple, elle redonne du pouvoir à celles et ceux qui se croyaient exclus du rêve d’un chez-soi.
Bâtir une maison en A pour exister autrement
L’histoire d’Elizabeth Faure n’est pas seulement celle d’une maison atypique. C’est celle d’un refus des modèles dominants, d’une reconquête de l’espace par l’action, et d’un ancrage profond dans l’écologie et l’émancipation.
En construisant sa maison, cette femme de 65 ans a bâti bien plus qu’un toit : elle a érigé un modèle. Un modèle de liberté, de dignité et de résilience. Et dans un monde en quête de sens, sa maison en A trace un chemin possible. À suivre… ou à inventer soi-même.


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