Seb s’effondre en Bourse après un sévère avertissement

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Le groupe français de petit électroménager Seb a revu à la baisse ses prévisions de résultats pour l’année 2025, en raison des droits de douane américains qui affectent lourdement ses ventes en Amérique du Nord. Résultat : le titre chute de plus de 13 % à la Bourse de Paris, dans un climat de grande incertitude pour le second semestre.

Un avertissement sévère et une réaction immédiate des marchés

Le couperet est tombé mercredi matin. Quelques heures après que la banque allemande Berenberg a revu à la baisse sa recommandation sur le titre Seb, le groupe français a confirmé les craintes en annonçant une révision significative de ses objectifs annuels. La sanction a été immédiate sur les marchés : vers 10h30, l’action Seb chutait de plus de 13 % à la Bourse de Paris, portant son repli annuel à plus de 30 %.

Cette révision à la baisse survient alors que l’entreprise fait face à une situation particulièrement tendue en Amérique du Nord, où ses ventes se sont effondrées de 11,5 % au deuxième trimestre. En cause, l’attentisme des distributeurs face aux incertitudes liées à la politique commerciale américaine et la flambée des droits de douane sur les produits en acier et aluminium, passés en juin de 25 % à 50 %.

Des droits de douane qui pénalisent lourdement Seb

L’impact des mesures protectionnistes américaines est central dans la dégradation de la trajectoire de Seb. D’après Berenberg, les poêles et casseroles représentent entre 70 % et 80 % des ventes de l’entreprise aux États-Unis. Ces produits, justement visés par la hausse des droits de douane sur les métaux, voient leur compétitivité fortement réduite, ce qui freine les commandes des distributeurs nord-américains.

Le groupe indique avoir mis en place « plusieurs mesures d’ajustement » pour tenter de compenser ces hausses de coûts, mais reconnaît que les perturbations devraient se prolonger au second semestre. « Un fort manque de visibilité » est désormais admis par la direction, dans un contexte commercial incertain.

Une dynamique contrastée selon les régions

Si la situation est difficile aux États-Unis, elle est plus favorable ailleurs dans le monde. En Europe, au Moyen-Orient et en Afrique, Seb a enregistré une progression de 4,4 % de ses ventes au deuxième trimestre, portée notamment par l’Europe continentale (+6,8 %). En Asie, la croissance est également au rendez-vous avec une hausse de 3,6 %, dont +3,2 % en Chine.

Mais cette performance globale ne parvient pas à compenser la chute brutale des ventes nord-américaines. Sur l’ensemble du deuxième trimestre, les revenus du groupe n’ont progressé que de 1,9 % à taux de change et périmètre constants. Sur le semestre, cette croissance s’établit à 0,6 %, avec un chiffre d’affaires de 3,748 milliards d’euros.

Résultats en forte baisse, objectifs révisés

Les résultats financiers suivent la même tendance morose. Le résultat opérationnel d’activité (ROPA) du premier semestre s’effondre de 51 % à 119,4 millions d’euros, loin des 150 à 159 millions attendus par les analystes. La marge opérationnelle s’établit à 3,2 %, contre 6,6 % un an plus tôt. Le bénéfice net, quant à lui, chute à seulement 800 000 euros, contre 100,1 millions en 2024.

Face à cette dégradation, Seb abaisse officiellement ses ambitions pour l’année 2025. Le groupe table désormais sur une croissance organique de ses ventes comprise entre 2 % et 4 %, contre un objectif précédent situé « autour de 5 % ». Le résultat opérationnel d’activité est attendu entre 700 et 750 millions d’euros, ce qui représenterait une baisse de 6,5 % à 12,7 % par rapport à l’exercice précédent.

Des perspectives incertaines malgré quelques motifs d’espoir

Malgré cette situation dégradée, Seb veut croire à un rebond partiel au second semestre. Le groupe mise sur l’amélioration de l’activité grand public, un retour à la croissance du segment professionnel, une meilleure maîtrise des coûts fixes et un effet plus favorable des devises pour stabiliser ses résultats.

Mais ces perspectives positives restent conditionnées à un retour de la confiance en Amérique du Nord, où les clients tardent à s’engager face à une politique commerciale instable. Dans ce climat, les droits de douane imposés par l’administration Trump continuent de jouer un rôle de perturbateur majeur.

Un avenir suspendu aux décisions de Washington

Le cas de Seb illustre les vulnérabilités des entreprises européennes face aux tensions commerciales internationales. Le protectionnisme américain, déjà redouté en 2018, refait surface à l’approche de la présidentielle aux États-Unis, et les entreprises comme Seb en subissent déjà les premiers contrecoups.

L’avenir du groupe dépendra largement de l’évolution des relations transatlantiques et d’une éventuelle détente sur le front des droits de douane. En attendant, Seb entre dans une zone de turbulences où prudence et adaptation seront les maîtres-mots.

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