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Les droits de douane plombent la passion des figurines

droits de douane

Les amateurs de modélisme et de jeux de figurines paient le prix fort de la politique protectionniste de Donald Trump et la hausse des droits de douane. Depuis l’instauration de nouvelles taxes sur les importations, les prix flambent, mettant en difficulté vendeurs comme collectionneurs. Même les loisirs ne sont plus à l’abri des tensions économiques.

Une passion de plus en plus coûteuse

Dans un centre commercial du Maryland, Dash Krempel, 29 ans, installe patiemment ses figurines sur un plateau de jeu. Avec un ami, il rejoue des batailles épiques dans un décor miniature. À première vue, rien n’a changé : la passion est intacte, les décors sont soignés, les armées bien alignées. Et pourtant, une différence majeure pèse sur chaque session de jeu : le prix de ces figurines ne cesse d’augmenter.

« Il y a trois ans, une figurine coûtait environ 60 dollars. Aujourd’hui, c’est 94,50 », confie-t-il à l’AFP. En cause ? L’inflation, bien sûr, mais surtout l’instauration par l’administration Trump de droits de douane élargis à de nombreuses importations, y compris celles liées aux loisirs. Une mesure qui frappe de plein fouet un secteur pourtant discret, celui des jeux de stratégie, du modélisme et des figurines de collection.

Une politique tarifaire qui touche l’ensemble du secteur

Depuis le début de l’année, Donald Trump a relancé une politique de taxation massive sur les produits importés, ciblant en priorité la Chine mais touchant également d’autres pays fournisseurs comme le Royaume-Uni. Or, de nombreux jeux de figurines, éléments de décor, peintures ou accessoires sont conçus ou produits hors des États-Unis.

Résultat : les distributeurs américains répercutent les hausses de coûts sur leurs clients. Les fabricants, eux, tentent de limiter la casse, mais ne peuvent compenser entièrement les nouveaux tarifs douaniers. « On essaye de négocier avec les fournisseurs, de changer de transporteurs ou de revoir certains packagings », confie un revendeur basé à New York. « Mais au bout du compte, les joueurs sont ceux qui paient. »

Les grandes marques du secteur, comme Games Workshop, Reaper Miniatures ou WizKids, sont toutes concernées. Certaines ont déjà été contraintes de revoir leur catalogue, voire de suspendre l’importation de certaines références devenues trop coûteuses.

Un loisir fragilisé par la hausse des droits de douane

Longtemps considéré comme une niche, le monde du modélisme et des figurines a connu un essor fulgurant ces dernières années, porté par le succès de jeux comme Warhammer, Dungeons & Dragons ou encore Star Wars Legion. La pandémie de Covid-19 avait même amplifié l’intérêt pour ces activités à domicile.

Mais aujourd’hui, cette dynamique se heurte à des réalités économiques de plus en plus contraignantes. Les passionnés, souvent fidèles et très investis, doivent revoir leurs priorités. Certains renoncent à acheter les dernières sorties, d’autres se tournent vers l’impression 3D pour produire eux-mêmes leurs figurines. Une tendance qui pourrait, à terme, bouleverser toute la chaîne de valeur du secteur.

« Je continue à jouer, mais j’achète beaucoup moins », résume Dash Krempel. « Et quand j’achète, je choisis avec plus de précaution. Ce n’est plus un loisir accessible comme avant. »

Une stratégie politique aux effets secondaires multiples

Les droits de douane imposés par Donald Trump s’inscrivent dans une stratégie plus large de protection du marché américain. Objectif affiché : réduire la dépendance aux importations, relocaliser certaines productions, et mettre la pression sur des partenaires commerciaux jugés trop dominants.

Mais cette approche, si elle peut sembler justifiée dans certains secteurs industriels, produit des effets collatéraux inattendus sur des domaines moins exposés. Le loisir, l’artisanat, la culture ou encore les collections en font partie. Autant d’univers qui, sans faire de bruit, subissent les conséquences d’une politique économique bien plus vaste.

Et le modélisme n’est pas seul : les jeux de cartes, les puzzles, les kits de montage, les outils spécialisés ou encore les livres de règles imprimés à l’étranger voient aussi leurs coûts grimper.

Droits de douane : l’inquiétude grandit chez les distributeurs

Pour les détaillants spécialisés, déjà mis à mal par la concurrence du e-commerce et la baisse du pouvoir d’achat, la situation devient critique. « On perd des clients fidèles qui ne peuvent plus suivre », explique un vendeur de Baltimore. « Et les nouveaux joueurs hésitent à se lancer à cause du coût d’entrée élevé. »

Certains espèrent une évolution rapide des négociations commerciales entre les États-Unis et leurs partenaires. D’autres misent sur une mobilisation des communautés de joueurs, souvent solidaires et actives, pour faire pression ou trouver des solutions alternatives.

Mais pour l’heure, l’univers du modélisme traverse une zone de turbulences. Dans les vitrines des boutiques comme sur les tables de jeu, le combat se joue désormais aussi contre les tarifs douaniers. Et ce n’est pas une partie gagnée d’avance.

La rédaction:
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