Hydrogène : quelle forme promet un cercle vraiment vertueux ?

Gris, bleu, turquoise, jaune, vert…l’hydrogène se décline sous diverses formes actuellement. Mais toutes n’ont pas le même impact économique et écologique. Selon l’Hydrogen Council, l’hydrogène bleu et l’hydrogène vert sont les deux formes qui présentent un intérêt évident. Où met-on alors l’hydrogène naturel ?

L’Hydrogen Council, une initiative mondiale du secteur de l’énergie en faveur de l’hydrogène pour favoriser la transition énergétique, a récemment publié un nouveau rapport sur les intérêts que présente cette ressource comme substitut des carburants fossiles, dans la stratégie mondiale de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre.

Selon cet organisme, s’il existe de nombreuses façons de produire de l’hydrogène, toutes n’ont pas la même vertu au niveau économique et écologique. Il privilégie deux formes : l’hydrogène bleu et l’hydrogène vert. Le premier est produit à partir de l’électrolyse alimentée par l’électricité décarbonée et le second à base d’électrolyse alimentée par des énergies renouvelables (éolien, solaire, etc.).

D’un point de vue économique, l’Hydrogen Council préconise de combiner les filières de production « verte » et « bleue » pour réduire les coûts de production.

Le vert, le bleu ? Non le naturel !

« L’hydrogène est un élément clé de la transition énergétique et peut permettre de réaliser des économies de CO2 très importantes avec la bonne approche. Il offrira une solution décarbonée et compétitive en termes de coûts pour un grand nombre d’applications avant 2030 – tout ce dont nous avons besoin maintenant, c’est d’une action conjointe et audacieuse de toutes les parties-prenantes », souligne Takeshi Uchiyamada, président du conseil d’administration de Toyota et coprésident de l’Hydrogen Council.

Mais, il y a des inconvénients écologiques, notamment l’utilisation d’importante quantité d’eau pour la production de ces énergies.

Dans ce contexte, il aurait été intéressant que l’Hydrogen Council évoque aussi les qualités de l’hydrogène naturel. Cette forme présente sous nos pieds, partout dans le monde, serait totalement vertueuse.

En effet, cette ressource est abondante, renouvelable, propre (sans aucune émission de CO2) et moins cher (nécessite peu d’investissement et de moyens pour son exploitation). Si l’Europe hésite encore à se lancer dans l’exploitation de ce gaz, l’Afrique n’a pas attendu une encyclopédie de connaissances et un investissement colossal pour le faire.

Au Mali, Hydroma transforme depuis 2012 l’hydrogène naturel en électricité verte, qu’elle distribue gratuitement aux habitants de Bourakébougou. Ce village abrite l’unité pilote de la compagnie créée par le milliardaire malien Aliou Boubacar Diallo.

L’Allemagne s’intéresse aux travaux d’Hydroma

Il y a quelques mois, Hydroma a lancé une production à grande échelle de son énergie propre après avoir constaté la réussite du test de Bourakébougou. En attendant de réunir les fonds nécessaires à la réalisation de cet ambitieux projet, l’entreprise a débuté des prospections en Australie et au Canada, où se trouve son siège social.

Dans ce dernier pays, le gouvernement vient d’annoncer une stratégie nationale de l’hydrogène afin de réduire les émissions nationales de gaz à effet de serre jusqu’à 45 millions de tonnes métriques par an en 2030.

Le Canada gagnerait donc à s’intéresser aux travaux d’Hydroma s’il souhaite prendre de l’avance dans cette filière. Sinon, c’est l’Allemagne qui mettra à profit l’expertise du groupe d’Aliou Diallo.

En effet, la première économie d’Europe a  déjà pris contact avec l’entrepreneur malien pour s’imprégner de sa révolution énergétique. A terme, elle ambitionne devenir numéro Un de l’hydrogène grâce à un plan doté de 9 milliards d’euros.

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