5G : la mutualisation des réseaux Orange et Free n’aura pas lieu

Collage photo avec les logo d'Orange et Free

 

Orange et Free ont mis fin, la semaine dernière, au projet de mutualisation de leurs réseaux mobile 5G. Le premier opérateur dit avoir constaté « une divergence de stratégie de déploiement » et le second une lenteur dans l’exécution du projet de la part de son partenaire.

« A un moment nous nous sommes dit, ça va prendre trois ans »

Orange et Free ont mis fin aux discussions sur la mutualisation de leurs réseaux mobile 5G. C’est Xavier Niel, le fondateur d’Iliad-Free, qui a donné l’information lors d’une rencontre organisée le jeudi 28 janvier 2021 par l’Association des journalistes économiques et financiers. « On a arrêté ces discussions avec Orange (…) On a découvert que le rythme d’une entreprise entrepreneuriale comme peut l’être Iliad, ce n’est pas celui d’une administration comme l’est Orange », a-t-il annoncé. Puis d’ajouter : « En face de nous, on avait une société qui n’avançait pas, qui ne tranchait pas. A un moment nous nous sommes dit, ça va prendre trois ans. Et on a accéléré sur le déploiement de notre réseau 5G. ».

Quelques heures plus tard, Orange a indiqué dans un court communiqué de presse qu’il a mis fin au projet de mutualisation après avoir constaté « une divergence de stratégie de déploiement ». En effet, le groupe fait de la qualité de ses réseaux une priorité. Il effectue ainsi de gros investissements sur des antennes émettant sur la bande de fréquences 3,4 – 3,8 GHz, la seule attribuée en exclusivité à la cinquième génération de téléphonie mobile. Par contre, Free privilégie la quantité avec la bande de fréquences 4G 700 MHz, qui fait cohabiter 4G et 5G. Moins coûteuse, celle-ci permet d’assurer une plus large couverture de la 5G sur le territoire national. Mais elle n’offre pas les mêmes performances que la bande 3,5 GHz. Les abonnés peuvent constater bien souvent des débits équivalents à ceux de la 4G.

Free pas suffisamment indépendant d’un point de vue réseau

Le projet de mutualisation des réseaux mobile 5G d’Orange et Free date de la fin des enchères de l’automne dernier. Le 21 octobre 2020, en marge de l’Université d’été du Très Haut Débit, le président-directeur général d’Orange Stéphane Richard avait évoqué cette option suggérée par l’ARCEP pour le partage des sites mobiles dans les zones rurales. Une opération nécessaire d’autant plus que les deux concurrents, SFR et Bouygues Telecom, avaient eux aussi décidé d’un accord de mutualisation de leurs réseaux mobiles.

Free et Orange sont déjà partenaires de circonstance sur l’itinérance 2G et 3G depuis 2012. L’accord doit arriver à son terme à la fin de l’année prochaine, après avoir été repoussé de deux ans supplémentaires le 31 décembre 2020. Cet avenant prolonge notamment les modalités techniques d’extinction progressive de la prestation d’itinérance jusqu’au 31 décembre 2022 et la limite des débits max montants et descendants accessibles par les clients de Free Mobile. L’entreprise de Xavier Niel a recours à cette prestation d’itinérance nationale parce qu’elle ne semble pas suffisamment indépendante d’un point de vue réseau. Elle s’appuie donc sur Orange, le n° 1 du secteur !

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